Ichiro ABE dit :

 

Jigoro Kano insistait sur les bases dans sa méthode d’apprentissage. Les bases ce sont les ukémi (les chutes), mais aussi bien apprendre à avancer et reculer, « shintai » en japonais, et les rotations, le tai-sabaki… Shintai et tai-sabaki, c’est l’art du déplacement.

Dans les bases, il y a aussi, la posture, droite et souple et encore l’attitude. Tout cela forme les bases essentielles. Ensuite, il faut savoir quelle est l’opportunité d’attaque pour chaque technique.  Au début, ce n’est pas en se déplaçant librement mais en avançant d’un pas ou en reculant d’un pas qu’on l’apprend. Ensuite, il faut s’y exercer avec un déplacement libre. On arrive alors aux exercices, il en existe de toutes sortes. Le randori en est un.

C’est un exercice où chacun est libre, mais avant d’en arriver au randori que vous pratiquez le plus souvent, il existe par exemple le yaku-soku-geiko, ou le kakari-geiko… Il faut combiner ces exercices. Mais avant, avec son partenaire, il faut projeter sur chaque technique. C’est la bonne façon pour que la technique devienne utilisable en randori. C’est la méthode d’entraînement que j’ai apprise.

Une part essentielle de l’art du judo est dans le tsukuri, c’est-à-dire la maîtrise de la préparation par le déplacement. Quand on apprend une technique statique ce n’est pas suffisant, mais ce n’est pas suffisant non plus d’apprendre la technique sur un déplacement complètement libre. En shiai, l’adversaire ne se déplace pas beaucoup. Il faut savoir créer l’opportunité nous-même, sans attendre qu’il se déplace tout seul. Il faut l’obliger à un déplacement, à une réaction, ça c’est le tsukuri, et c’est le judo.

 

Né  le 12 novembre 1922

10e Dan du Kodokan.

Les exercices traditionnels pour s’entraîner

Jigoro Kano, fondateur du Judo, a créé le Kodokan en 1882. C’était et c’est encore aujourd’hui la référence dans l’apprentissage du Judo. A l’époque, Kano et ses disciples ont réfléchi aux méthodes d’enseignement du Judo.

Ainsi, ils ont conçu différents types d’exercices qui perdurent dans le temps. A partir d’un certain grade (orange), tous les judokas sont amenés à faire des « uchi komi », ou encore des « yaku soku geiko »… Voici quelques explications.

 

Tendoku-renshiu : « Entrainement solitaire »

C’est un exercice où l’on répète seul les techniques. En règle générale, on travaille surtout l’entrée, le placement des jambes, le déplacement. Outre l’excellent travail de coordination et de concentration produit, il permet aussi de construire son équilibre, sa posture avant de projeter. C'est un exercice consistant à modéliser le placement spatial du corps et celui d’un partenaire imaginaire.

 

Uchi-komi : « Répétition d’une technique »

Vitesse et précision sont des acquisitions cruciales pour tout judoka. C’est en faisant des uchi komi qu’il les obtient. Un tel exercice consiste à répéter un certain nombre de fois une technique (votre spéciale ou tokui-waza) avec un partenaire sans le projeter. Le geste est ainsi automatisé et le judoka peut alors lancer sa technique plus rapidement, sans réfléchir!

 

 

Nage Komi : « Projection en déplacement »

C’est la suite logique de l’uchi-komi sauf qu’on fait chuter à chaque fois! On peut même le faire en déplacement.

 

Yaku-soku-geiko : « Entrainement souple et libre en déplacement »

Encore appelé « randori souple », cet exercice est un combat sans opposition. Les deux judokas peuvent attaquer mais n’ont pas le droit de contrer et encore moins de bloquer une attaque.

Le yaku-soku-geiko permet de travailler toutes les techniques dans toutes les directions sans rencontrer d’opposition. C’est donc un parfait éducatif de transition entre savoir (technique) et savoir-faire (utilisation pratique en combat).

 

Kakari-geiko : « Entrainement à thème »

On retrouve les rôles de Tori (celui qui attaque) et Uke (celui qui subit). Pour Tori, le but est de projeter Uke avec parfois un thème de travail (que des attaques de jambes par exemple). Uke doit quant à lui se défendre : esquives, blocages, et contres sont autorisés. Très enrichissant.

 

Randori : « Exercice libre »

C’est l’exercice de Judo par excellence, le préféré dans le cœur de la plupart des judokas! Deux partenaires (et non adversaire) mènent un affrontement de la même manière qu’un yaku-soku-geiko mais on autorise les blocages, les esquives et les contres.

Les formes d’entraînement

Les entraînements de judo chez les plus jeunes se font de manière ludique à travers des exercices prenant l’allure de jeux qui sont proposés par l’entraîneur. Ils permettent à l’enfant de prendre confiance en lui et d’apprendre à découvrir son corps.

Ces jeux évoluent aux même titre que l’enfant.

L’une des étapes indispensables de l’entraînement chez le débutant est l’apprentissage de la chute appelé les ukemi.

Ces entraînements permettent à l’apprenant d’acquérir plus de confiance en soi, de devenir plus souple et plus fort; choses nécessaires pour la préparation aux compétitions ainsi que pour le passage de grade.

Les entraînements prennent plus tard l’allure de combats : les randoris. Il s’agit de combats d’entraînement. Les randoris se font donc entre quelqu’un chargé de saisir (le Tori) et un autre qui reçoit l’action de l’autre (le Uke).

Ces séances se font à travers des séances de randoris souples consistant à se laisser tomber si la technique effectuée par l’adversaire est réussie. Et les séances de randoris normales ayant pour objectifs d’apprendre à éviter de tomber.